{[ promptMessage ]}

Bookmark it

{[ promptMessage ]}

Interprétation d’un essai - Nous, les drogués.docx

Interprétation d’un essai - Nous, les drogués.docx -...

Info iconThis preview shows pages 1–2. Sign up to view the full content.

View Full Document Right Arrow Icon
FRA4U Unité 4 – Lire au quotidien Activité 4.1 – De Montaigne à aujourd’hui Interprétation d’un essai Nous, les drogués de Serge Bouchard C’est super et c’est extra. On a un fun noir. La grosse machine à sous carbure à la consommation compulsive. Loterie et vidéo sont deux mots qui vont bien ensemble. Mais, en attendant, nous avons le quotient intellectuel d’une cherry blossom. Je compense, tu compenses, la coutume est accoutumance, il faut remplir ce creux qui gargouille au fond de nos âmes. Cela nous arrange de fixer nos angoisses sur les drogues classées drogues, la cocaïne, l’héroïne et le train entier des substances dites méchantes et malfaisantes. Mais voilà bien le leurre. Il est inutile de lancer des roches sur la pointe des icebergs dans le but de les chasser de notre vue. Nous sommes une société de drogués et les plaisirs addictifs qui nous poussent aux pires compulsions constituent le bas-fond de nos existences. Consommez-vous? Oui, je consomme. Nous sommes des consommateurs et il y a déjà quelques années que nous ne vivons plus dans une communauté de valeurs, dans une société fondée sur de la culture et de la civilité, pour ne pas dire dans un projet de civilisation. Il y a bonne et belle lurette que nous vivons dans le monde mondial de la consommation. Ils ont mis des drogues dans la crème des Mae West, de la couleur dans la viande hachée, des choses dans le fromage jaune. Nous sommes toxicomanes jusqu’au trognon. Ils (ceux-là pour qui l’argent est l’unique sujet) ont mis des substances dans mes cigarettes, ce qui fait de moi le dopé que je suis. J’ai plus besoin de cette nicotine modifiée que d’oxygène naturel. Je vois le monde en noir foncé quand j’arrête de fumer. Il me faut ma dose et ces doses sont à la fin des chaînes. Pourtant, l’affaire est claire comme de l’eau de roche : le tabac du bon dieu était à l’origine une sorte de médicament, les Amérindiens lui conféraient à bon droit des vertus considérables pour la paix du corps, de l’âme et même de la société. Le calumet de paix et la fumée bénéfique ne sont pas des petits mots. Le tabac était jadis civilisé. Mais que voulez-vous, nous fûmes floués par ces fous de l’argent qui ont compris qu’il y avait une grosse piasse à faire si le moyen était trouvé de nous rendre tous dépendants : douce Du Maurier, inoffensive Matinée. Je crois que c’est Coke qui a commencé, mais je me trompe assurément. Médicament encore, qui devient liqueur douce, qui devient un empire mondial, une première entreprise planétaire à donner de la joie pour dix sous. Le monde est impensable sans Coca-Cola, même le père Noël en boit. Le Coke est addictif et la petite bouteille est devenue un
Background image of page 1

Info iconThis preview has intentionally blurred sections. Sign up to view the full version.

View Full Document Right Arrow Icon
Image of page 2
This is the end of the preview. Sign up to access the rest of the document.

{[ snackBarMessage ]}