Anatole France - Pierre Noziere

ici lon conte encore que sur ce rivage les ames en

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Unformatted text preview: d'un noir d'encre. L'ombre vient a grands coups d'ailes. Les dernieres gouttes de flamme tombees dans la mer s'eteignent. Une grande lueur orangee marque seule l'endroit ou le soleil s'est couche. C'est a peine si nous voyons encore les V. EN BRETAGNE 76 Pierre Noziere murs de granit qui, debout ou ruines, ferment la baie des Trepasses. On entend distinctement, dans le silence du soir, le bruit sourd des lames que traverse le cri melancolique du cormoran. Cette heure est d'un tristesse mortelle, et tout ici, le rocher, la lande et la mer, et le sable livide de la baie, tout nous dit la desolation de vivre. Seul, le ciel, ou s'allument les premieres etoiles, a sur nos tetes une douceur charmante. Ce ciel de Bretagne est leger et profond. Souvent voile par les bancs de brume qui viennent et qui passent en un moment, presque toujours couvert de nuees epaisses qui ressemblent a des montagnes et qui lui donnent l'air d'une terre d'en haut, il laisse voir, par de soudaines echappees, un bleu qui attire comme l'abime. Je sens en ce moment pourquoi les Bretons aiment la mort. Ils l'aiment, et l'ame celtique est souvent tentee par elle. Ils la craignent aussi, car elle est en horreur a tous les etres. La mort plane sur ces parages, c'est elle qu...
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This note was uploaded on 12/08/2012 for the course ECON 101 taught by Professor M.garibaldi during the Spring '12 term at Grenoble Ecole de Management.

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