Anatole France - Pierre Noziere

Il devorait tous les livres et puis il allait en

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Unformatted text preview: elques annees, etait d'un tout autre caractere. C'etait un homme de pensee. Il voulait ressembler a Rubens et, pour y parvenir, il portait de longs cheveux, la barbe en pointe, un feutre a larges bords, un pourpoint de velours et un grand manteau. La poussiere inevitable des tombes attristait cette magnificence. Jean Meusnier aussi en etait couvert; mais il en paraissait adouci et comme embelli. Elle deshonorait au contraire la beaute du peintre d'histoire, qui brossait sans cesse et vainement son velours, et souffrait. D'un naturel aimable, riant et somptueux, il avait l'ame grande et, craignant que le nom de Jacques Dubroquet n'en donnat pas une suffisante idee, il changea ce nom en celui de Jacobus Durbroquens, qui etait bien mieux dans son genie. Dubroquens touchait, par son age, aux derniers romantiques et aux republicains de sentiment. Il avait fait ses etudes de peinture dans l'atelier de Riesener, a la fin du regne de Louis−Philippe. Grand liseur, il frequentait assidument ce cabinet de lecture de la bonne Mme Cardinal, ou les etudiants en medecine repassaient leur anatomie en dejeunant d'un petit pai...
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