Anatole France - Pierre Noziere

Leclerc ne manquait pas dajouter pendant trois jours

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Unformatted text preview: re de ses mollets, qui avaient ete les plus beaux du royaume, vers 1827, jurant Dieu et tous les saints de l'Anjou, violent et finaud, pieux, bretteur et paillard, il m'amusait infiniment par la verdeur de ses propos et par l'abondance de ses anecdotes. Il traitait avec quelque consideration Leclerc jeune, qui avait ete garde royal et qui, dans sa simplicite laborieuse, tenait plus de l'artisan que du brocanteur. Et, parvenu a l'age ou l'on a perdu tous les compagnons des jeunes annees, le vieux chouan de 1832 se plaisait a rappeler devant l'ancien soldat de la Restauration les souvenirs de leur commune jeunesse. Tandis qu'il parlait, je me faisais tout petit dans mon coin pour qu'on ne m'apercut pas, et j'ecoutais. Que de fois je l'entendis conter les souvenirs de la Revolution de 1830 et le voyage royal de Cherbourg! C'est un recit qu'il terminait toujours en s'ecriant: “Le marechal Maison, quel gueux!” Leclerc ne manquait pas d'ajouter: “Pendant trois jours, monsieur le marquis, nous n'eumes a manger que les pommes de terre que nous prenions dans les champs. Et je recus d'un paysan un coup de fourche dont je suis deme...
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This note was uploaded on 12/08/2012 for the course ECON 101 taught by Professor M.garibaldi during the Spring '12 term at Grenoble Ecole de Management.

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