Anatole France - Pierre Noziere

Nulle main navait ose la retenir elle fuyait sous les

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Unformatted text preview: et il en suivit les bords jusqu'au rivage de la mer. La, il s'arreta, epuise de fatigue, au bord d'une fontaine, et il secoua la poussiere de ses chaussures. C'est sur cette poussiere que s'eleva depuis la ville de Saint−Valery. Une epaisse foret descendait alors jusque sur les greves de la mer. Les lievres l'habitaient. Elle recouvrait des marais peuples de vanneaux, de becasses, de canards et de sarcelles. Les mouettes deposaient leurs oeufs sur la roche nue des falaises. Le cri aigu du heron et la plainte du courlis s'elevaient des greves pales ou le cygne, l'oie sauvage et le grebe, chasses par les glaces, venaient passer l'hiver dans les sables marins. Des hommes en petit nombre habitaient ces contrees sauvages. C'etaient de pauvres bateliers qui pechaient dans l'embouchure poissonneuse de la Somme. Ils etaient paiens. Ils adoraient des arbres et des fontaines. En vain les saints Quentin, Mellon, Firmin, Loup, Leu, et plus recemment, saint Berchund, eveque d'Amiens, etaient venus les evangeliser. Ils croyaient aux genies de la terre et aux ames des choses. Ces simples pecheurs etaient saisis d'une horreur...
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This note was uploaded on 12/08/2012 for the course ECON 101 taught by Professor M.garibaldi during the Spring '12 term at Grenoble Ecole de Management.

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